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PORTRAITS

Les premiers portraits de Cappiello datent de 1893, mais la plupart ont été réalisés entre 1905 et 1920.

(Ils) " constituent pourrait-on dire le domaine sage de son oeuvre" . (J. Viénot)

 

Henri de Régnier s'est fait portraiturer en 1909. Il nous raconte l'événement:

"Chez Cappiello. Je suis debout, à côté de la haute toile où il esquisse mon portrait en pied. Je regarde l'artiste peindre. La palette est chargée de gris et de noirs. Lui même est en veston de velours noir. Son visage brun, osseux et tranchant, aux yeux sombres et brillants, est amusant à regarder, en sa vivacité expressive. On y sent toutes les péripéties du travail. Il est content, il est indécis, il est anxieux. Tout le corps imite la mimique du visage. C'est le mouvement perpétuel. Tantôt, je l'aperçois au fond de l'atelier, où il recule par petits bonds, puis, soudain, il se précipite sur la toile et la touche du pinceau. Le voilà grimpé sur un tabouret, d'où il dégringole comme un chat. Sa façon de peindre me fait penser à l'escrime italienne, plus mouvementée que la nôtre. Il se bat vraiment avec le modèle. C'est un assaut...

Il se repose, allume une cigarette et parle; c'est l'entracte."

LES CAHIERS INEDITS de Henri de Régnier (1887 - 1936) p. 610 ©2002 Editions Pygmalion / Gérard Watelet à Paris

 

 

 

 

Femme dans un intérieur (1891)

Museo Civico Giovanni Fattori - Livorno

 

 

 

 

 

Suzanne, Françoise et Jean Cappiello

Famille Cappiello (1909)

Museo Civico Giovanni Fattori - Livorno

 

Femme dans un intérieur

En 1914 Cappiello disait :

"Derrière la personne physique de celui ou de celle dont j'aspirais à établir le portrait, j'entrevoyais une manière de fantôme qui était son caractère, sa personne morale, une sorte d'ensemble plus quintessencié de ce qui constitue la personnalité. L'esprit m'intéressait plus que le corps, le sourire m'impressionnait plus que la forme de la bouche, le regard plus que la forme de l'œil..."

 

 

L'éventail de plume (1922)